Vue depuis le sommet de la dent d'Orlu

Vue depuis le sommet de la dent d'Orlu

Brevet fédéral moniteur escalade qualification grandes voies

Il y a des choses que l’on reporte à plus tard et qui finalement ne se font pas. Parmi celles-ci l’envie de partager quelques expériences personnelles qui n’ont rien à voir avec mon parcours pro mais qui participent grandement à mon équilibre.
La situation étant propice à réaliser tous ces actes manqués, remontons dans le temps et partons pour un long week-end de mai 2018.

Un tout petit récit de quatre jours de formation mémorables.

Gérald et moi, jusqu'à présent initiateurs en site naturel d’escalade (SNE), avons signé pour passer moniteur escalade grandes voies.
Formation assurée par un guide de haute montagne complètement hallucinant et adorable : David Marret et co-animé par le non moins halluciné et tout aussi sympathique : Jean-Paul A.K.A. Jipi, himself.
En plus des deux cafistes lot-et-garonnais, nous avions un rastaman ch’ti, deux palois affûtés et notre Déléguée Technique Régionale de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM) en provenance de Bordeaux.

Jean-Paul, ayant le topo de l’Ariège tatoué dans le dos et ne pouvant pas poser les chaussons sur un caillou autre qu’ariégeois, nous a naturelement donné rendez-vous aux Oustalous (Les Cabannes / Sinsat) pour ces quatre jours.

Au programme :

des explications, des manipulations de corde, de matériels et de personnes. Sans oublier de loooongues marches d’approche, de la grimpe un peu quand même et des soirées conviviales et pédagogiques (oui, on peut allier les deux).

Jeudi, jour 1 : Suuuuurpriiise !

Nous nous rencontrons tous pour la première fois sur le parking de Calamès.
Le bitume est encore un peu humide, alors le temps que ça sèche : présentation individuelle, niveau et années de pratique de l’escalade, attente vis-à-vis de cette formation et passage en revu du matériel.

C’est pas tout ça mais on commence à se geler alors on remballe et direction le caillou.
Au bas des voies, premier atelier avec vérification des connaissances sur les relais et les différentes façon de les équiper. On en profite pour réviser les nœuds : lesquels et dans quels cas ? Ensuite, on forme les cordées et on fait notre choix dans le topo.

Relais sur Friends et coinceurs à Calamès

Objectif : grimper 4 ou 5 longueurs tranquilles afin que nos deux G.O. puissent checker que nous étions de bons élèves et que ce que nous avions annoncé correspond à notre pratique.

C’est Calamès, les voies faciles sont équipées espacées alors nos G.O. sortent des jouets surprises.
On va en profiter pour digresser avec une option terrain d’aventure et poser quelques coinceurs, friends et autres joyeusetés qui permettent de grimper lesté.
Clairement je ne l’avais pas vu venir et les friends n'étaient plus vraiment mes amis depuis un long dimanche de septembre 2016 (ça fera peut-être l’objet d’un autre récit), mais bref passons…
Au final ça m’a fait du bien. J’avais besoin de démystifier un peu la quincaillerie et finalement ils feront parti de l'équipement tout le reste du séjour.

Vendredi, jour 2 : J’ai pas pris mes skis et il n’y a pas de télésièges

On savait que ce serait la plus belle journée et qu’il fallait en profiter à fond.

Objectif, grimper et sortir par le sommet.

Après de longues hésitations la veille lors du repas, notre choix s’est porté sur Orlu et sa face Est.
Jean-Paul avait tout prévu, il travaillait et donc nous a abandonné pour cette magnifique journée.
On aurait du se méfier, c’est lui qui la veille nous avez dit :

« Orlu c’est vraiment sympa. Et vous savez comment on l’appelle aussi ? Le pot de chambre de l’Ariège ! »

Oui tu m'étonnes.
De la flotte qui résurge un peu partout, parfait pour une journée de grimpe. Et puis toute cette neige, c’est vachement bien fait dit-donc ?!

Vue sur la dent d'Orlu sous la neige depuis la marche d'approche

On s’est donc adapté. Une belle trace ouverte par notre guide et une main courante pour atteindre les 3 premières et seules voies accessibles, ensuite banzaï ! Fini la rando alpine, on peut enfin mettre les chaussons.

Au sommet, on retrouvera à nouveau la neige et donc une descente bien rock’n roll, surtout pour trois d’entre-nous… dont moi.

JE NE SUIS PAS MONTAGNARD BORDEL !

Il y a du vrai c’est certain, cependant c'était une expérience fantastique et inoubliable. Dure mais extrèmement enrichissante pour un grimpeur comme moi qui ne fait quasiment que de la couenne sportive.

Grimpe au mois de mai à Orlu dans une ambiance féérique

Samedi, jour 3 : Souvenirs et découvertes

On sait que la météo devrait virer à l’orage dans l’après-midi, du coup on traverse la route et attaque la marche d’approche du Quié à Sinsat direction le Pubis.
Je m'étais promis de ne jamais revenir là après avoir bien galéré l’année dernière avec Jérôme pour sortir « l’intégrale d’Anaïs » et pourtant…
Encore une marche d’approche qui me fracasse. Faut vraiment que je me mette à courir ou à pédaler.

Le Quiè de Sinsat toujours aussi accueillant

Aujourd’hui on est censé grimper quelques longueurs, mettre en pratique des manips d’aide au second et finir en moulinant le second sur les deux longueurs de cordes raboutées et en tension.

Tout un programme pour moi qui suis clairement le moins expérimenté dans ce milieu et cette pratique.
Beaucoup de nouvelles manipulations et de nouveaux nœuds à mémoriser et surtout : ne pas se rater.

Ayant déjà fait « Le plaisir du geste  » deux fois, j’embarque Gérald dans « l’amie serfouette  » pour varier les plaisirs. C’est pas bien méchant, mais la dernière longueurs vaut vraiment le déplacement. Une longue et belle fissure. On peut enfin se butter un peu les bras après toutes ces longueurs en dalle qui nous ont fumé les pieds.

A peine le temps de finir de tout voir et de se poser aux bas des voies que l’on ramasse des sceaux d’eau sur la poire tout juste abrité par le Pubis (cette phrase contient une tentative de blague pour peu que vous ayez le topo du Quié en tête).
On plie rapidement et descend tel une harde de sangliers dans le pierrier glissant.

Dimanche, jour 4 : Le jugement dernier

On savait déjà qu’on ne pourrait pas grimper au sec en grande voie aujourd’hui. De là à imaginer qu’on perdrait plus de 20 degrés et qu’il y aurait de la neige un peu partout !

On vide le gîte et file vers la grotte de Sabart.

La grotte de Sabart

Enfin une vraie marche d’approche : 10 minutes sur du plat !!!
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, une voie de chauffe en 6c+ (humide) et tout le reste au dessus, jusqu’au 9a. Et bien sûr ça résurge de partout.

David et Jean-Paul nous installent deux beaux relais afin de pouvoir travailler sereinement.
On révise par petit groupe l’ensemble des techniques abordées durant les jours précédents.

Et en début d’après midi, la terrible épreuve tant attendue et redoutée arrive : l'épreuve des poteaux…

Mais non, un tirage au sort de manip à réaliser afin de valider les connaissances.
Forcement je tombe sur le sujet que je fuyais, la fameuse redescente du second sur les deux longueurs de corde avec ce fichu Valdotain ! Pendant ce temps les autres, font de la remonté sur corde fixe ou autre balancier espagnol… pfff ! Au final, je sors tout dans le bon ordre et du premier coup et mon second est sain et sauf.

Verdict, on est tous moniteurs grandes voies et moi je ne suis toujours pas montagnard pour autant !

Un énorme merci à nos David et Jean-Paul pour leur patience, leur aide, leur expérience et par dessus tout leur envie de partager.


OK ce blog ne parle que d’escalade. Je vais faire un effort et essayer de vous proposer des articles relatifs à mon boulot et surtout faire un portfolio !